The Trace

By Olivier Cameron Trudel
Wildlife Biologist & Photographer

 

Technologie | Pollution plastique | Entrepreneur 

Temps de lecture: Environ 6 minutes

Texte par Alexis Eisenberg 

Mise en ligne 23 Mai 2019

Understand | Environment | Philosophy

Reading time: 4 minutes

Text and research by Olivier Cameron Trudel

Published December 2018

The Trace

Q. La pollution aquatique par le plastique inquiète de plus en plus. On en parle surtout pour le milieu océanique, quelle est son envergure?

R.  L’inquiétude est justifiée puisque 300 millions de tonnes sont produites par l’industrie du plastique chaque année pour répondre à une demande mondiale... en croissance. C’est 8.8 millions de tonnes (1 éléphant = 1 tonne) qui se retrouvent dans les eaux et les océans de la planète chaque année. Ceci représente 1 camion de 15 tonnes de déchets plastiques qui se déversent chaque minute pendant une année.

[Image 1 camion = 15 éléphants => 15 piles de plastique = chaque minute, pendant un an]

Les océans sont pollués par les déchets, tels que des bouteilles, bouées, filets et autres contenants et produits (90% sont en plastique). De ces plastiques marins, environ 80% sont estimés avoir été apportés en mer par les fleuves, le vent ou sont de provenance terrestre.  Ces plastiques sont responsables de l’étranglement des mammifères marins, s’accumulent dans le système digestif de millions d’oiseaux, de tortues et de baleines.

[photos animaux pogné dans le plastique + plancton avec micro plastique dedans]

Q. On imagine que leur chemin ne se termine pas tous dans les estomacs des animaux, comment le reste du plastique se transforme-t-il ?

R. Le plastique continue plus normalement son chemin en flottant. Il se fragmente encore et encore par l’action des vagues et des obstacles qui créent du frottement ou par le soleil qui durci le polymère. Les morceaux devenant de plus en plus petits se transforment en une sorte de poussière de plastique sous-marine, connue sous le nom de microplastique. Cette poussière continue d’affecter le monde du vivant sans que nous puissions voir leur présence et qui plus est, bien comprendre leur effet à long terme.

À l’échelle du microplastique, plus petit que 2 microns en taille, la vie pulule. C’est à la base de la chaîne alimentaire, au niveau microscopique, que se trouve le plancton. Il consomme lui aussi des microplastiques en guise de repas. Ces minuscules particules ont tendance à accumuler des agents toxiques, telle une éponge (métaux lourds, PCB, DDT), tout en remontant le long de la chaîne alimentaire. C’est-à-dire qu’en plus de consommer du plastique, les organismes vivants accumulent de plus en plus de toxines.

[Le plancton est mangé par un petit poisson, qui ensuite est mangé par un plus grand poisson, qui est pêché par un humain pour finalement aboutir dans nos assiettes. ]

Q. Avons-nous raison de penser que ce problème est surtout localisé dans les grands océans?

R. On retrouve malheureusement cette forme de pollution également dans le fleuve Saint-Laurent. Des publications scientifiques des dernières années le confirment : du plastique il y en a partout et en importante quantité ! Autant dans les Grands Lacs que le long du Saint-Laurent. Vous en avez peut-être même été témoin lors d’une récente balade.

Des études effectuées dès 2012 démontrent de fortes concentrations de microplastiques dans les Grands Lacs, (39 particules de plastiques retrouvés pour 100g de sable, Dean et al.,2016). La présence de plastique a été retrouvée dans les sédiments du Saint-Laurent à travers une étude conduite par l’université McGill en 2014 : plusieurs milliers de particules par mètre cube de sédiment, soit une concentration largement supérieure à celles des sédiments marins que l’on retrouve dans les secteurs les plus contaminés du monde. Toutefois, le Saint-Laurent reste encore sous-étudié sur cette question avec trop peu de données. Des données pourtant nécessaires pour remonter à la source de cette pollution et mettre en place des mesures d’atténuation adaptées et ciblées.

Q. Qu’est-ce que le Canada a fait jusqu’à présent?

R. Les pays industrialisés, comme le Canada, font partie du problème. Ils doivent maintenant aussi faire partie de la solution afin de résoudre le problème.

Depuis le 1er juillet 2018, le Canada applique le Règlement sur les microbilles dans les produits de toilette, premier grand pas dans la bonne direction, notamment dans les pâtes dentifrices. Des choix d'exfoliants naturels existent, tels que les billes faites d’écorces ou de noyaux de fruits, le sucre etc. Cependant les microbilles dans les produits de toilette ne sont qu’une partie du problème. Il y a d’autres sources issues de notre quotidien ainsi que dans certains procédés industriels, et leur utilisation est en croissance : granules de plastiques industrielles pour faire des objets thermomoulés («pelets »), fibres de vêtements (ex. : polyester), les filtres de cigarettes, les microbilles utilisées dans les produits abrasifs, la dégradation de macroplastiques (bouteilles, sacs, etc.). Il y a encore beaucoup à faire.

 

Q. Que propose votre entreprise Poly-Mer ?

R. La Communauté Poly-Mer (Poly-Mer Community) est un projet de notre entreprise ayant pour objectif de développer et de partager une base de données sur les microplastiques dans les milieux naturels aquatiques à partir d’échantillonnages sur le terrain réalisés par les citoyens.

Q. Comment allez-vous établir cette base de données ?

R. Pour atteindre cet objectif ambitieux, Poly-Mer propose la mise en place d’un projet de science participative (citizen science) par échantillonnage afin de pouvoir couvrir une multitude de cours d’eau. L’idée est de faire participer les communautés riveraines, nautiques et écotouristiques à la cueillette d’information, tout en offrant une formule à la fraction du coût vis à vis des méthodes d’échantillonnage actuelles, soit 2% du coût.

Pour engager les participants dans la Communauté Poly-Mer (Poly-Mer Community), nous développons et proposons des outils innovants et adaptés, soit un échantillonneur à microplastiques pour des petites embarcations (canot, kayak, navire à faible vitesse) ainsi qu’une application mobile faisant le lien entre l’échantillon collecté, la base de données de Poly-Mer ainsi que les cartes interactives de nos partenaires pour la visualisation de données recueillies.

En bâtissant cette base de données géoréférencée par l’approche proposée, Poly-Mer réalise un lien fort entre les citoyens collectant des échantillons lors de déplacements sur l’eau, la communauté scientifique entourant le protocole d’échantillonnage et les analyses en laboratoire, et les décideurs publics et privés souhaitant agir sur la problématique des microplastiques.

Parce que l’on protège mieux ce que l’on connaît, Poly-Mer propose dans son plan d’affaires 2019-2021 une approche d’intelligence collective en termes de données ouvertes, d’implication citoyenne et de collaborations transversales entre des parties prenantes, citoyens, scientifiques, décideurs et industriels encore peu habitués à travailler ensemble sur des problématiques aussi complexes que la pollution par les microplastiques.

La Communauté Poly-Mer (Poly-Mer Community) est un projet qui peut être repris et qui possède un potentiel mondial.

Q. Où en êtes-vous dans vos démarche pour atteindre vos objectifs?

R. Nous continuons d’établir des partenariats avec différents organismes qui ont à coeur la problématique ou qui ont un rôle à jouer pour éduquer, participer à la recherche, créer des outil. Nous rejoignons aussi des acteurs publics ou privés dont les activités reposent sur des milieux naturels en santé.

Nous sommes également confronté à la réalité de tout organisme en démarrage quant à la recherche de financement, et ce, pour notre lancement puisque nous visons l’indépendance financière à partir de notre troisième année grâce aux services que nous proposerons.

Notre objectif à court terme est de réaliser notre vidéo de présentation du projet et lancer un pilote cet été ! Alors suivez nous sur facebook (polymerinternational) pour en savoir plus et participer à cette nouvelle communauté en action.

Alexis Eisenberg

Wildlife Biologist & Photographer

In the field, by helicopter or kayak, Olivier captures nature and its animals in its purest essence, without artifice. He constantly pursues this little moment, this sparkle in the animal's eye or in extraordinary landscapes where the human is unequivocally reminded to remember that he is part of the ecosystem.

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